Au détour du parc de la Bégraisière, les toilettes publiques occupent une ancienne chambre. Ce détail architectural paraît anodin, mais il raconte une transformation bien plus vaste : avant les immeubles et les grands quartiers, Saint-Herblain était une terre de fermes, de vignes et de maraîchage tournée vers Nantes.
Dans un récit historique publié le 11 août 2026, la Ville de Saint-Herblain retrace cette mutation. La commune, qui comptait environ 5 000 habitants en 1945, en rassemble désormais près de 50 000. Entre ces deux époques, son territoire est passé du statut de « grenier » de la métropole à celui de grande ville de l’agglomération nantaise.
Bovins, céréales et vignes aux portes de Nantes
Jusqu’au milieu du XXe siècle, l’agriculture organisait une grande partie des paysages herblinois. Les plateaux du nord accueillaient des bovins et des cultures céréalières. Plus au sud, maraîchers et viticulteurs travaillaient les terres entre la Bouvardière et Chantenay afin d’alimenter les habitants de Nantes.
L’activité laitière atteint son apogée dans les années 1960. Saint-Herblain compte alors près de 150 exploitations agricoles, un chiffre qui donne la mesure de la place autrefois occupée par les fermes dans une commune aujourd’hui largement urbanisée.
Le parc de la Bégraisière conserve lui aussi la mémoire de ce paysage productif. Autour de son ancien manoir de plaisance, fréquenté par de riches Nantais, poussaient des châtaigniers et un grand verger. Des vignes y ont été cultivées jusqu’en 1960.
Des sangsues de Tougas aux œufs de caille
Certaines productions locales étaient nettement moins ordinaires. Dans le marais de Tougas, des sangsues étaient élevées pour approvisionner les hôpitaux nantais, où elles servaient à drainer le sang. Cet usage médical ancien inscrit le marais dans une histoire qui dépasse largement l’agriculture alimentaire.
La ferme de la Harlière avait une autre spécialité : elle fournissait des œufs de caille aux restaurants chics de Nantes. Les bâtiments ont depuis changé de fonction, puisque le site abrite aujourd’hui la Maison des Arts. Derrière cet équipement culturel subsiste donc l’emplacement d’une exploitation associée à la gastronomie nantaise.
Ces activités montrent la diversité de l’économie rurale locale : élevage laitier, céréales, maraîchage, viticulture et productions spécialisées coexistaient sur le territoire.
L’urbanisation compose une « ville mosaïque »
Après la Seconde Guerre mondiale, la reconstruction et la forte croissance démographique transforment les champs en réserve foncière. Les parcelles agricoles reculent tandis que de nouveaux ensembles apparaissent par étapes, avec leurs architectures et leurs fonctionnements propres.
Bellevue commence ainsi à sortir de terre dès 1954. Cette croissance discontinue donne naissance à ce que la source municipale décrit comme une « ville mosaïque » : de grands quartiers relativement indépendants se juxtaposent au fil des opérations urbaines.
La transition n’a toutefois pas été immédiate. Valérian Dénéchaud, membre de l’association Vous êtes ici, rapporte qu’aux débuts du Sillon de Bretagne, les habitants de la tour pouvaient encore descendre acheter des œufs et observer les moutons de la ferme de l’Angevinière, installée au pied du bâtiment. Jean-Marc Ayrault figure parmi les résidents de cette période évoqués dans son récit.
Les traces rurales encore visibles aujourd’hui
L’agriculture n’a pas totalement disparu de Saint-Herblain. La commune conserve 226 hectares agricoles, dont près d’un quart sont exploités en agriculture biologique. L’éco-pâturage et les jardins partagés donnent désormais d’autres formes à la présence des animaux et des cultures dans la ville.
Les bâtiments et les parcs complètent cette géographie de la mémoire. La Maison des Arts rappelle l’ancienne ferme de la Harlière, tandis que la Bégraisière conserve les traces d’un domaine arboré autrefois couvert de vignes et de vergers. Dans son parc, l’ancienne chambre devenue toilettes publiques demeure l’un des témoins les plus inattendus de ces changements d’usage.
Source: Ville de Saint-Herblain
Contexte et actions A propos de cet article
Source et verification Traçabilité des informations
Le récit s’appuie sur les données, lieux et témoignages historiques publiés par la Ville de Saint-Herblain le 11 août 2026.
- Concordance vérifiée entre les anciens sites agricoles et leurs usages actuels mentionnés...
- Repères démographiques de 1945 et d’aujourd’hui repris sans extrapolation.
- Surfaces agricoles, part du bio et nombre d’exploitations conservés tels que publiés.
- Citations et anecdotes attribuées à Valérian Dénéchaud.
- Source
- Ville de Saint-Herblain
- Portée
- Saint-Herblain
- Mis à jour
- 2026-08-11 18:33
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