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Un tramway circule dans une rue bordée d'arbres à Nantes en automne.

À Nantes, les trajets du quotidien changent de cap

Par la rédaction de jouerenduel.fr. Publié en 2026.

Le chiffre résume le basculement sans tout expliquer : à Nantes Métropole, chaque habitant réalise désormais 3,4 déplacements par jour en moyenne, contre 4,1 en 2015. L’enquête mobilité EMC2 2025, conduite entre septembre 2024 et mars 2025 en Loire-Atlantique, décrit une vie quotidienne moins centrée sur la voiture et davantage portée par la marche, le vélo et les usages numériques.

Cette évolution ne signifie pas que l’automobile disparaît. Elle reste très présente pour le travail, la santé ou les démarches personnelles. Mais sur dix ans, son poids recule assez nettement pour peser dans les prochains choix d’aménagement, de transports collectifs et de voirie.

Les chiffres qui dessinent le nouveau quotidien

Indicateur Évolution observée
Déplacements par personne en Loire-Atlantique 4 en 2015, 3,5 en 2025
Déplacements par personne à Nantes Métropole 4,1 en 2015, 3,4 en 2025
Part de la voiture en Loire-Atlantique 67 % en 2015, 60,5 % en 2025
Part du vélo en Loire-Atlantique 2,5 % en 2015, 4,5 % en 2025
Part de la marche dans le département 21 % en 2015, 24 % en 2025
Télétravail chez les actifs 14 % en 2015, 38 % en 2025

Ces données viennent de l’enquête EMC2 2025, menée auprès de 15 860 foyers et 24 543 habitants de plus de 5 ans dans les 207 communes de Loire-Atlantique. Sa méthode nationale, définie par le Cerema, permet de comparer les résultats avec ceux de 2015 et avec d’autres territoires.

La baisse du nombre de déplacements ne doit pas être lue comme un simple effet des travaux ou de la circulation. Laurent Fouin, directeur de l’Auran, y voit un changement plus large des modes de vie, avec la pression économique sur les ménages, le commerce en ligne, la téléformation et surtout la progression du télétravail.

La voiture recule, mais garde des usages solides

Dans Nantes Métropole, la voiture solo représentait 43 % des déplacements en 2015. Elle en représente 38 % en 2025. Le nombre moyen de voitures par ménage baisse aussi, de 1,21 à 1,10 sur le territoire métropolitain.

Simon Citeau, vice-président de Nantes Métropole délégué aux déplacements, souligne que la baisse se voit à la fois en part et en volume : moins de personnes circulent en voiture, et moins de voitures se trouvent sur les routes. Pour les habitants, cela peut se traduire à terme par des arbitrages plus visibles sur l’espace public : voies cyclables, couloirs de transports collectifs, stationnement, apaisement de certaines rues.

À Nantes, les trajets du quotidien changent de cap

La prudence reste nécessaire. Le recul moyen de la voiture ne dit pas que tous les quartiers ou toutes les communes vivent la même transition. Les trajets domicile-travail et les déplacements liés à la santé ou à l’administratif continuent de dépendre fortement de l’automobile, surtout là où l’offre alternative reste moins dense.

Le covoiturage, lui, ne progresse pas comme espéré. À l’échelle départementale, les déplacements en voiture comme passager passent de 14 % à 12 %. Les voies réservées et les lignes de covoiturage font donc partie des leviers encore à tester ou à renforcer.

Le vélo s’installe au-delà du centre de Nantes

La part du vélo a presque doublé en Loire-Atlantique, passant de 2,5 % à 4,5 % des déplacements. La distance moyenne parcourue à vélo augmente aussi, de 2,8 à 3,4 km par trajet. Ce détail compte : il montre un usage moins limité aux très courtes distances.

À Nantes Métropole, le vélo progresse de 3 % à 7 % des déplacements, et atteint 9 % à l’intérieur du périphérique. Pour les seuls trajets domicile-travail, il grimpe à 11 %. Les 25-64 ans portent largement cette dynamique, avec 68 % des cyclistes en 2025, contre 55 % en 2015.

L’enquête a été réalisée avant la livraison des Grandes voies vélo. Elle ne mesure donc pas encore pleinement l’effet de ces nouveaux aménagements. Le fait que 7 déplacements sur 10 fassent moins de 10 km donne toutefois une indication claire du potentiel cyclable, notamment dans les communes hors Nantes.

À Nantes, la marche devient le premier mode

La marche atteint 29 % des déplacements dans Nantes Métropole. Dans la ville de Nantes, près de 4 déplacements sur 10 se font désormais à pied, ce qui en fait le premier mode de déplacement.

À Nantes, les trajets du quotidien changent de cap

Cette progression éclaire les débats sur les trottoirs, les traversées piétonnes, la végétalisation et la qualité de l’espace public. Marcher davantage suppose des trajets lisibles, confortables et sûrs, pas seulement des distances courtes.

Le potentiel reste important : environ un quart des déplacements quotidiens font moins d’un kilomètre, soit près de 14 minutes à pied en moyenne. Pourtant, 30 % de ces trajets très courts sont encore effectués en voiture.

Les transports collectifs progressent surtout par enjeu de desserte

À l’échelle de la Loire-Atlantique, les transports collectifs passent de 9,5 % à 10,5 % des déplacements en dix ans. Cela inclut le ferroviaire régional Aléop, le réseau Naolib dans Nantes Métropole et Ycéo dans l’agglomération nazairienne.

Sur Nantes Métropole, leur part reste stable à 15 %, mais l’enquête indique un recours accru pour les trajets domicile-travail. Julien Bainvel, conseiller régional délégué aux mobilités, défend l’idée d’en faire une alternative réelle à la voiture, y compris dans les territoires ruraux.

Les résultats de l’enquête doivent désormais nourrir les décisions publiques. Son financement associe Nantes Métropole, Saint-Nazaire Agglo, l’Auran, l’État et la Région Pays de la Loire, pour documenter les choix à venir sur les déplacements du quotidien.

Source: Nantes, ville et métropole

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Claire Martin

Claire Martin

Auteur

Claire Martin suit depuis plusieurs années les questions de budget, de pouvoir d’achat et de services publics locaux. Elle vérifie ses informations auprès de sources administratives, associatives et professionnelles, avec une attention particulière aux décisions municipales, aux aides disponibles et à leur impact concret sur les habitants. Son travail privilégie des explications claires, utiles et directement vérifiables

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